ιитяσ

Nous sommes le 18 Février 2007.C'est aujourd'hui le nouvel an chinois et accessoirement le jour de mon anniversaire. Je me présente, je m'appelle Rénata, 18 ans ce jour-ci, vivant à E*****, une paisible ville de Normandie ...et racontant sa vie comme si elle écrivait une petite annonce sur Meetic! Bon on la refait parce que c'est vraiment moche comme intro!

Bonjour cher lecteur, je m'appelle Rénata et j'ai 18 ans aujourd'hui. C'est franchement chouette non? Tu sais combien de temps j'ai du attendre ce précieux moment! Et oui, aujourd'hui je suis enfin majeure, ma vie à partir de ce jour va changer parce qu'on me considérera enfin comme une adulte. Je pourrais avoir mon compte en banque, je pourrais aller voter Ségolène pour les élections de Mai, je ne frauderais plus en boîte et ma mère sera contente que sa fille puisse enfin travailler en intérim pendant les vacances. Alleluiah.
Comme toutes les filles de 18 ans, j'ai une vie compliquée : en ce moment, les profs boycottent le bac blanc et j'ai peur à cause de ça, de rater mon bac Littéraire, je n'ai toujours pas commencé à écrire mes lettres de motivations pour les lycées spécialisés dans le BTS Audiovisuel, et je n'ai toujours pas fini d'enregistrer mes chansons. Enfin, last but not least je me remets difficilement de la séparation avec mon premier amoureux.
Pas facile d'être adulte hein? Dire qu'il va falloir l'année prochaine que je coupe le cordon, que je devienne autonome...là, maintenant, tout de suite, je commence à regretter mon enfance... la vie était quand même plus facile non?
Je sais, c'est idiot de dire comme les petits vieux que c'était mieux avant, mais ne t'alarme pas mon lecteur, j'ai quand même envie d'avoir un avenir !
Comme disait Monsieur P., un beau gosse accessoirement mon professeur de philosophie: « Comprendre le passé c'est arriver à se créer un avenir ».
Ok, alors si nous faisions un petit bilan rétrospectif de l'enfance à l'âge adulte, histoire de mettre à l'écrit les choses qu'on ne veut pas oublier, que l'on veut témoigner et que l'on voudrait partager?



Let's go and let me be your storyteller....

# Posté le dimanche 18 février 2007 11:26

Modifié le lundi 05 octobre 2009 13:25

¢нαριтяє ι : ℓα νιє ƒαмιℓιαℓє (ℓα ρéяισ∂є ρяé-∂ινσя¢є)

La famille... sans doute ce à quoi nous sommes le plus attaché, ce en quoi nous n'aurions jamais existé. C'est ce qui nous a permis de nous éduquer, et a fait ce que nous sommes aujourd'hui.
La famille c'est la base, cela n'est pas pour rien que les psychologues se réfèrent toujours à LA FAMILLE. Tout ce que t'on fait Papa et Maman durant ton enfance, tu leur reprocheras à l'adolescence et à l'âge adulte: « C'est de votre faute si je suis comme ça !» mais c'est aussi grâce à eux que t'es là...

Je suis née le 18 Février 1989 à Mantes-la-Jolie, d'un père réunionnais et d'une mère française.
En ces temps là j'étais leur seconde fille, la première étant ma grande s½ur Judith .La famille sera au complet quand Pierre naîtra le 01 Février 1995 mais pour l'instant contentons de relater les flous souvenirs que j'ai en mémoire...
Tout d'abord, je dois avouer que je n'ai aucune idée de ce qu'était ma vie à Mantes-la-Jolie car ma mère, trois mois après ma naissance, a décidé que notre famille déménagerait à E*****, ville où depuis je vis toujours. Ma mère donc, avait décidé de déménager car à Mantes nous vivions dans le dernier étage de la tour VEGA, ce grand immeuble orange que l'on voit quand on passe devant le péage. Un jour, lorsque j'étais encore dans son ventre un incendie s'est déclaré dans l'immeuble, or la précarité de cet immeuble à fait que ce jour là l'ascenseur était en panne. Ma mère a donc été obligée de descendre la trentaine d'étages en escalier avec ma s½ur et mon père, et elle a eu tellement peur qu'il nous arrive quelque chose ce jour là qu'elle a décidé de concrétiser le rêve de beaucoup de français vivant dans les HLM de banlieue: posséder une maison à la campagne. Elle a fait un prêt pour 400 000 francs et il lui reste aujourd'hui cinq ans pour rembourser la maison.
Pour être honnête, aujourd'hui les seules choses dont je me rappelle de la vie de couple de mes parents étaient leurs engueulades répétitives: les assiettes qui se cassaient, la table qui se renversait, et moi qui restait cloîtrée dans ma chambre, me bouchant les oreilles, en larmes. Seule ma s½ur venait pour me consoler.
Je ne comprenais pas pourquoi mes parents étaient si violents entre eux, ils me faisaient peur, surtout la grosse voix de mon père.
Mon Père...en fait c'est lui qui me faisait peur à cause de sa carrure imposante et de son air autoritaire...
Durant toute mon enfance il restait à la maison mais je n'avais pas l'impression qu'il s'occupait de moi, parce qu'il préférait faire des b½ufs entre musiciens ou alors donner des cours de guitare particuliers. C'était ma s½ur quand elle rentrait de l'école qui jouait avec moi, m'aidait à faire mes devoirs, me faisait des câlins....Je pourrais même ajouter que pour moi ma mère, c'était ma s½ur puisque ma vraie maman ne rentrait que tard le soir à cause de son travail à Vincennes, et à chaque fois que je l'attendais , soit elle était débordée et se mettait directement à préparer à manger, soit le seul temps qui lui restait, elle le passait à s'engueuler avec mon père.
Pas très réjouissant n'est-ce pas? Avec la naissance de Pierre cela c'est un peu arrangé, les disputes devenaient moins fréquentes, et moi je restais admirative à contempler ce qu'était un bébé, à avoir un petit frère pour moi toute seule. C'était à mon tour de materner mon frère car Judith devenait adolescente et avait d'autres problèmes à s'occuper : elle a fait une crise d'adolescence assez violente où elle aussi s'est mise en conflit avec mes parents, et vers 14 ans, elle est tombée dans l'anorexie.
Je peux vous dire que ne pas voir sa s½ur pendant un an à cause de ses séjours forcés au CHU de Rouen et de sa cure dans une clinique située dans les Alpes, c'est très douloureux. Quand elle est revenue à la maison, naïvement je croyais retrouver ma s½ur protectrice, mais depuis ce drame elle a voulu faire sa vie. Je la voyais de moins en moins, car elle enchaînait vie lycéenne, clubs sportifs et sorties entre amies.
Depuis qu'elle a eu son bac elle zigzague dans tous les coins de la France et si je comptais toutes les visites qu'elle nous rend je dirais que je la vois environ trois mois par an.
En fait les disputes de mes parents ont recommencé progressivement quand mon père devenait de plus en plus « parasite » au goût de ma mère, il a commencé par ne plus donner de cours particuliers pour passer plus de temps à faire de la musique tout en faisant sa loi à la maison, ensuite il s'accaparait de plus en plus l'ordinateur que ma mère avait payé par crédit, et enfin, le clou a été la relation extra conjugale qu'il a eu avec l'accordéoniste avec qui il donnait des cours.
Ma mère m'a donc annoncé le 31 décembre 2001 quand j'allais me coucher qu'elle allait divorcer. J'avais 11 ans.
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# Posté le lundi 19 février 2007 11:08

Modifié le lundi 05 octobre 2009 12:57

¢нαριтяє ι: ℓα νιє ƒαмιℓιαℓє (ℓє ∂ινσя¢є єт ѕєѕ ¢σиѕéqυєи¢єѕ)

Ca faisait bizarre d'entendre ça, et surtout, ça faisait mal. Le divorce, je l'ai perçu comme si mon père nous abandonnait. Il rentrait de plus en plus tard le soir, il passait son temps au téléphone avec Murielle, il mangeait à part dans la cuisine...il n'était plus violent mais l'ambiance était très tendue.
Tellement d'ailleurs que ma mère, qui avait pris goût à prononcer des phrases assassines telles que : « N'oublies pas la prochaine fois de prendre tes préservatifs! », elle avait fini par craquer et elle a du aller se reposer quelque semaines à l'hôpital psychiatrique.
Moi j'étais triste, je ne pensais que le divorce ça n'arrivait qu'aux AUTRES, que ce n'était qu'une crise conjugale de plus...c'était la crise de trop.
Ce n'était pas la première fois que mon père avait trompé ma mère, bien avant que je naisse mes parents s'étaient séparés pendant que Judith était petite...quelques années plus tard c'est en se rencontrant par hasard qu'ils se sont réconciliés, je croyais que ma naissance les avait rapprochés...Tu parles! Ce divorce est la conclusion d'une histoire passionnelle trop destructrice, tellement destructrice que mes parents aujourd'hui se haïssent. Ma mère reproche à mon père d'être un sale fumiste qui fait son macho en vivant aux crochets des femmes, et mon père reproche à ma mère d'avoir mis à néant toutes ses ambitions en faisant des gosses trop tôt et en déménageant dans une ville paumé au lieu de le laisser faire sa carrière de musicien à Paris.
Moi et mon frère ont a été pris dans cette pleine tempête de colère (Judith était majeure à cette époque), nous étions leur seuls médiateurs mais nous étions si influençables....Je leur en veux d'ailleurs, de nous avoir obligés à prendre parti sur l'un d'eux. Quand nous ne récupérions pas les lettres de mon père dans la boite aux lettres parce que ma mère refusait de les garder, ou quand elle nous envoyait aller le voir pour savoir quand est-ce qu'il nous gardait le week-end, c'était pour nous dire : « Les enfants, n'oubliez pas de dire à votre Papa que j'attends toujours qu'il me donne une pension alimentaire. »Dégueulasse!

Ma mère qui était fragile nerveusement forçait pas mal sur les antidépresseurs, d'autant plus qu'elle a eu dans la foulée un cancer du col de l'utérus. Cela l'a amoché. Durant des années elle nous a lobotomisés en disant que tout ça, c'était la faute de notre père. Elle devenait tyrannique à toujours nous donner des ordres à outrance et à toujours répéter « C'est MA maison! Je paye tout alors c'est MOI qui commande! » à nous surveiller en nous appelant à la maison quatre fois par jour, elle nous faisait culpabiliser à mort en nous reprochant d'être aussi feignasse que notre père parce que l'on ne faisait pas assez de tâches ménagères à son goût, elle en avait marre d'avoir à sa charge des enfants ingrats, oui, ingrats parce qu'ils n'étaient pas soumis à son autorité alors qu'elle nous nourrissait, logeait, et blanchissait.
C'est dans ce contexte que j'ai fait une crise d'adolescence spectaculaire, j'aimais ma mère parce que je comprenais sa douleur mais je la trouvais lâche et ignoble de s'en prendre à nous plutôt qu'à mon père...c'est à cette époque là que je me suis rapproché de lui. Dans son petit studio qu'il avait loué après le divorce , on se retrouvait les week-end et les mercredis pour rigoler, jouer de la musique, parler de tout et de rien...j'avais enfin l'impression que mon père me comprenait...mais il en a profité lui aussi pour jouer le beau rôle quand je lui racontais ma vie à la maison en disant que ma mère devenait alcoolique!
De plus, il ne se gênait pas pour venir squatter à la maison comme si il était chez lui et inspecter les moindres recoins: « Ah mais regardes moi ça, dans quel bordel vous vivez! Nan mais t'as vu combien de temps cet escalier n'a pas été nettoyé! Et tout ces papiers nan mais regardes! regardes! Dans quelques années ne vous inquiétez pas, vous habiterez avec Papa, vous serez mieux, elle ne vous posera plus de problèmes... »
C'est facile de se poser en sauveur Papa! Pendant combien de temps j'y ai cru à tes promesses! Tu nous l'as rabâché pendant quatre ans et maintenant j'ai l'âge d'être autonome, c'est con hein!

Car ma mère m'a rendu la vie encore plus dure lorsque j'avais 15 ans parce que c'est à cette époque qu'elle a voulu refaire sa vie. Pour cela, elle s'était lancée dans les sites de rencontres, et n'est tombée...que sur des gros blairs! Le premier qui s'appelait Chris a du tenir deux mois. Il s'est enfui parce qu'il ne nous plaisait pas. Lorsque qu'il venait l'ambiance était tellement pourrie que cela l'a fait flipper. Vous me diriez que ça n'était pas sympa pour ma mère que moi et mon frère fassions cela, mais franchement aujourd'hui nous n'en avons aucun regret. Il est vrai que ma mère était heureuse avec lui mais c'était une espèce de gros beauf raciste qui venait la voir juste pour manger et dormir gratuitement. Le plus effarant pour nous a été lorsque ma mère a annoncé solennellement en public chez ma grand-mère qu'elle voulait l'épouser après quatre semaines après leur rencontre!
Elle était si fière de s'appeler Madame Poulet! Du jour au lendemain elle s'était mise à mettre des strings (sur ses fesses en gelée.Beeuh!) et à dormir à poil ( ses seins qui tombaient au réveil étaient vision d'horreur!) bref à faire sa crise de femme libérée quadra, ce qui j'avoue m'avait à la fois choquée et horrifiée (bon dieu je vais devenir comme ça plus tard!).Donc quand Chris s'est barré elle a été tellement dégoûtée qu'elle nous a reprochés d'être responsables de son malheur.
Moi je pense que je lui ai plutôt empêché de faire une belle connerie, elle valait mieux que ça quand même!

Vers 16 ans elle nous a présenté un autre homme: il s'appelait Bernard et au début le courant passait bien, il était gentil, nous donnait de chouettes cadeaux...puis rapidement je l'ai trouvée gonflant: son seul sujet de conversation était l'argent car il était très radin .Il avait un humour très « Rire et chansons » (pas drôle donc) et a un discours de vieux vicelard très gênant. De plus, il est tellement creux que lorsqu'il ouvrait la bouche, c'était soit pour bailler, soit pour soupirer, soit pour prononcer des onomatopées (« bon... »..., « oh... », « ah... ») ou dans le pire des cas, couiner des cris désagréables de cochons d'inde constipé quand il faisait l'amour.
J'oubliais, il était à fond dans la nourriture bio donc, quand il arrivait à la maison il lui fallait son pain bio, son lait de soja et ses yaourts Gayelord Hauser®, mais bizarrement il avait beau manger sainement il avait toujours un pet de travers quand il venait ici. Alors il allait se coucher comme un petit papi toute la journée et ma mère était aux petits soins pour lui comme si c'était le dernier né de la famille. Le comble c'était qu'il l'appelait « Maman »!

Alors moi a cette époque en ayant un peu ras le bol que ma mère tombe sur des cas et qu'en faisant son rôle d'assistante sociale elle délaisse ses enfants et laisse la maison devenir un vrai foutoir j'ai commencé à ne plus décrocher un sourire, puis ne plus décrocher un regard jusqu'à les mettre mal à l'aise...et faire enrager ma mère.
« Tu es comme ton père! Comme lui tu me gâches la vie! C'est dommage qu'on ne puisse pas divorcer de ses enfants parce que sinon je l'aurais fait depuis bien longtemps!....Tu n'es qu'une fille pourrie gâtée, je ne souhaite qu'une chose...que TU EN BAVES DANS LA VIE ».

Inutile de dire qu'avec ces phrases là je n'avais envie qu'une chose : m'en aller chez mon père...mais j'étais trop naïve. Vous croyez sincèrement qu'après qu'il ait dit à ma mère que ses enfants étaient des boulets pour lui, il allait m'accueillir les bras ouvert? Connard de beau parleur!
Il m'a fait croire qu'il s'occuperait des démarches mais au dernier moment il s'est ravisé à cause d'une raison qu'il balancera toujours: l'argent « Papa il n'a pas les moyens de te nourrir tu comprends? En plus en ce moment j'ai pleins de problèmes il faut que je règle ce problème de facture parce qu'il n'ont toujours pas coupé mon abonnement, et puis il faut que je cherche un emploi ,et puis il faut que je déménages chez Murielle, et puis il faut que je retournes à la Réunion faire mon projet mais pour cela il faut encore que j'économise, et puis il faut....».Il aura toujours une bonne excuse. Et puis de toute façon supporter toute l'année la bêtise risible de Murielle, ses ricanements de dindons, son cerveau de ménagère de moins de 50 ans qui va voter pour Sarko « parce qu'il a une bonne tête » et ses deux crétins de fils ça aurait été impossible!

La désillusion la plus totale a été quand mon père s'est mis lui aussi à péter les plombs : un jour je me battais avec mon frère parce qu'à cette époque nous aussi on ne pouvait plus se supporter, il s'est mis à gueuler comme un fou, et au lieu de nous séparer il nous a frappés en nous mettant de grandes claques dans la tête. C'était si fort que j'étais sonnée, mon frère quand à lui, a continué à pleurer parce qu'il avait mal à la tête...déjà ce qui m'a choquée, c'était de revoir le visage de mon père, celui du père violent que j'ai redouté durant toute mon enfance, mais c'était aussi sa mauvaise foi totale (« Vous pouvez êtres fières hein, c'est de votre faute si Papa il est comme ça! ») qui m 'a rappelé à quel point il refusait d'admettre qu'il avait tort, et c'était ce qui me révoltait le plus chez lui.
Après, quand il a vu que Pierre avait vraiment mal à la tête, il a compris qu'il avait fait une connerie et il nous a envoyés fissa dans une clinique. Là j'ai vu à quel point on était tombés bas parce que c'était la première fois que je le voyais pleurer face à ce qu'il avait fait. C'est depuis ce jour que j'ai réalisé que mon père me ferait toujours peur quoi qu'il advienne parce qu'il sera toujours incontrôlable, et que , de toute manière , il est juste bon à faire des promesses qu'il ne tiendra pas.
Il m'a déçu.

Ce qui m'a énervé c'est que ce qu'il avait fait était devenu tabou pour notre famille : ma s½ur qui était présente à cette scène considérait que nous envoyer à la clinique était exagéré, et ma mère elle, quand elle su, n'a rien dit du tout, à fait comme si il ne s'était rien passé, et c'est ce qui m'a mis en rogne parce qu'on voyait là encore sa faiblesse face à lui. Quel sentiment d'abandon!
On aurait dit que ni l'un ni l'autre n'assumait la charge de nous élever, et comme ma mère en était loin d'en finir avec son régime tyrannique à deux balles, j'ai craqué.
Un jour où ma mère m'avait frappé pour une raison tellement idiote que j'en ai oublié la cause, j'ai ressenti une immense colère d'être dominé par une sale lâche qui faisait croire qu'elle avait du pouvoir. J'en avais marre de l'entendre crier, d'être méprisante avec moi, j'en avais marre de ses phrases blessantes, de sa vieille gueule de conne de pauvre aigrie de la vie. Je me souviens d'avoir eu la sensation d'une nausée rageuse monter en moi et de constater que je pouvais devenir aussi violente que mon père. Vous voyez Sangoku quand il se transforme en Gorille dans Dragon Ball-Z? Ba là, c'était pareil! Je gueulais comme une hystérique, j'ai pris ma mère, je l'ai plaqué contre le mur tout en l'empêchant qu'elle me donne des coups, et je l'ai secoué de toutes mes forces en gueulant: « TU VAS ARRETER HEIN!!!MAIS TU VAS ARRETER!!! ».
Paul a réussi à nous séparer, et depuis ce jour, ma mère a eu peur de moi: elle m'a dit que j'étais FOLLE, qu'il fallait que j'aille voir un psy, que ça ne pouvait plus continuer comme ça...
En effet, depuis ce jour cela n'a plus continué. Elle s'est enfin remise en question et a arrêté de faire sa tyran, cela fait deux ans que notre relation mère-fille s'est améliorée, surtout depuis que je suis tombée amoureuse elle m'a laissé beaucoup plus de libertés...et elle aussi fait sa vie de côté puisque qu'elle a pris du bon temps avec Bernard mais au bout de deux ans elle s'est rendue compte de ses défauts que j'avais perçue bien avant elle et elle l'a quitté pour des raisons que je ne dirais pas.
Mon père quand à lui est toujours en couple avec Murielle, rien n'a bougé dans sa vie, elle est tellement plate que lorsqu'il vient nous voir, j'ai l'impression qu'il radote sur ses projets (il va trouver du travail, il va s'installer à Paris mais il a les huissiers au cul...).

Donc plus rien ne bouge avec mes parents, je crois qu'ils ont trouvé leur équilibre, en même temps les rares fois où ils se croisent on ne perçoit plus leur haine mais un courant d'air glacial de vieux ennemis trop proches.
Quand je les vois maintenant ils ont pris un sacré coup de vieux: ma mère a des cheveux blancs par paquets, elle marche au ralenti, elle se fatigue très vite et ses petits plaisirs quotidiens sont de prendre le thé et d'avoir le chat sur les genoux! Quand à mon père, il a pris du bide, sa calvitie s'est avancée, il râle comme les petits vieux et il endort tout le monde quand il raconte les anecdotes passionnantes de sa vie de patachon.

oO°OoIl paraît que les enfants de divorcés ont plus de chances de finir divorcés à leur tour....Et si c'était vrai?...Bon dieu ftes que je ne finisse pas comme eux!oO°Oo
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# Posté le jeudi 22 février 2007 14:53

Modifié le lundi 05 octobre 2009 13:27

¢нαριтяє ιι: νιє ѕ¢σℓαιяє єт νιє ѕσ¢ιαℓє (иєтяєνιℓℓє)

N'ayant pas encore de vie professionnelle voilà pourquoi je parle de ma vie scolaire.
Il ne faut pas s'attendre à ce que je raconte seulement à quelle époque j'étais une élève brillante et détailler mes relevés de notes ou avouer quels étaient mes professeurs préférés.
Non, ce serait ennuyeux à mourir!Si je mets ensemble vie SCOLAIRE et vie SOCIALE (en plus ces termes sont tellement proches qu'ils en feraient presque une anagramme) c'est parce que notre capacité à être sociable en résulte de notre passé à l'école, au collège et au lycée.
Qui n'a pas pensé un jour que sa cour de recrée était une véritable jungle où subsistait la loi du plus fort? Qui des adolescentes n'ont jamais voulu suivre comme un mouton l'alpha-girl (la femelle dominante) du collège parce qu'elle est représentée comme un modèle? Qui n'a pas remarqué que les enfants sont souvent bien plus cruels que les adultes parce qu'ils sont à « l'état sauvage » et pas encore bien éduqués? Enfin, qui n'a jamais ressenti le traumatisme d'exclusion dans le système scolaire et a juré de ne plus jamais revivre cette expérience par la suite?
La scolarité est une étape indispensable pour chaque enfant car non seulement elle lui inculque du savoir, mais en plus elle va lui trouver ses marques dans la société.
Certains la vivent bien, d'autres très mal et moi je témoigne ici plutôt en faveur de ceux l'ont mal vécu.

Le mieux serait tout d'abord de définir à quelle catégorie sociale j'appartiens. Depuis toute petite j'habite dans le quartier de Netreville. Pour ne pas vous mentir, je suis de la classe moyenne car ma mère est une cadre qui travailles à Vincennes et que j'ai la chance de loger dans une maison mais ça ne veut pas dire que je suis une bourge parce que sinon je n'habiterais pas à Netreville.
Netreville est un quartier populaire où sont principalement construits des HLM délabrés pour les gens les plus défavorisés. Plus on s'enfonce de Netreville, plus l'on voit des maisons et d'ensembles de petits immeubles pour la classe moyenne blanche tels la zone de la Censurière ou bien là ou je vis, la ZAC des Meuniers. Cela dit, on ne peut pas parler de délimitation car les habitants de Netreville sont cosmopolites: on y retrouve en majorité des sénégalais, des congolais, des marocains et quelques fois des algériens, et enfin beaucoup de turcs. C'est dans cette ambiance de fraternité black-blanc-beur que j'ai été élevée de la maternelle au collège, et je pouvais dire qu'on y croyait à l'époque.
A l'école, notre ennemi juré à tous était Jean-Marie Le Pen et vous ne pouvez savoir l'indignation générale que nous, les collégiens d'Henri-Dunant (H - D Star pour les intimes!) avions ressentie quand il est passé au second tour en 2002.
Et quand je vois les préjugés de mes camarades de classe aujourd'hui qu'est-ce que je peux être déçue! Pour moi ce sentiment de fraternité était tellement fort que oser s'affirmer raciste à Netreville, c'était du suicide! Beaucoup de gens de ma ville étiquette Netreville comme « quartier sensible » à cause de ses HLM pourris et la forte populations de jeunes s'habillant en racaille, moi je peux vous dire que ce quartier est tout ce qu'il y a de plus tranquille, il est même trop tranquille parce que les rues où j'habite sont désertes toute l'année et tu peux te balader la nuit en toute sécurité.
Il y a peut être des couillons qui roulent comme des cinglés dans le quartier et une grosse baston une fois par an mais c'est tout. Le « quartier sensible » de E*****, c'est La Madeleine.
Quand j'étais gosse, moi et ceux de mon école nous avions tendance à surestimer la dangerosité de ce quartier mais il n'empêche que même aujourd'hui, je ne voudrais pas y aller la nuit.
Pendant les émeutes de banlieue les dégâts à La Madeleine ont été tels que les journalistes en ont parlé sur TF1!

Il est temps à présent de parler de ma scolarité à Netreville. De mes souvenirs les plus vagues je me rappelle qu'en maternelle j'étais une élève douée qui raflait tous les Bonpoints (sisi rappelez vous de ce système pour récompenser les bonnes notes!) j'avais une espèce de coupe au bol que je cachais en me faisant des couettes et ma mère m'habillait avec des caleçons fleuris. Cependant comme j'étais timide et très introvertie, j'étais fragilisée et c'est à partir de cette période que j'ai goûtée à l'amère expérience d'être une VICTIME.
Le fait d'être exclu, isolé...lorsque tout le monde vous regarde de haut et ce qui vous pousse à vous rendre encore plus invisible ce sont des choses si difficiles à vivre. La violence de cet isolement est telle que l'on se sent minable, que cette exclusion est justifiée, voire juste tout court. Alors en maternelle ça allait encore car les petites pestes de Emma et Tamara s'amusaient à me tirer les couettes et au pire la méchante Aminata me faisait bouffer de l'herbe mais les années les plus pénibles ont été celles de l'école et du collège.

Ce qui change radicalement quand on passe de la maternelle à l'école n'est qu'une seule chose: on prend conscience que l'on doit contrôler son image pour se faire une bonne place dans la société.
C'est à dire qu'en rentrant à l'école, il faut savoir s'habiller à la mode. Les plus forts ne sont pas seulement par logique des CM2 (puisque ce sont les plus âgés) il faut aussi qu'ils se sapent avec des marques pour marquer le respect de la troupe. Je ne vais pas trop disserter sur ça mais plus le gros logo est visible, mieux c'est, non seulement pour faire valoir un certain pouvoir d'achat mais aussi pour affirmer son territoire et dire que l'on fait partie d'une élite.
Ce n'est pas pour rien, d'ailleurs que les gosses de mon âge préféraient dessiner des virgules Nike sur leurs sacs plutôt que d'en porter un sans logo !Heureusement en primaire, pour se la péter il suffisait juste de porter des marques de sport, qu'importe l'année du vêtement! Mais je me souviens que pour nous les écoliers, notre rêve suprême à tous, le comble du luxe, c'était de porter des AIR MAX! Oui, parce qu'elles étaient des baskets à la pointe de la technologie à l'époque!

Plus sérieusement, j'ai été encore victimisée à l'école à cause des caleçons fleuris de ma mère, des jogging-pyjamas rose des années 80 que portait ma s½ur et de mes pantalons « pêche-au-moule »!
Ma mère refusait absolument de m'acheter des vêtements de marques parce que cela coûtait trop cher. Elle m'achetait mes baskets à Intermarché, ce qui était la honte pour l'époque !
Oui, car dans les années 90, les seules chaussures que l'on devait porter comme tout bon écolier qui se respecte étaient des baskets parce que ce sont des chaussures asexués. Car la puberté est comme vous le savez une période ou d'une part on a plus tendance à cacher son corps et refouler sa séduction et d'autre part parce que les mocassins, chaussures à talons, derbys , babies...renvoient à l'âge adulte, ce que les enfants redoutent et c'est pourquoi ils préfèrent puer des pieds toute l'année dans des baskets pas étanche et se moquer des filles avec leur chaussure à talons parce qu'elles « jouent à faire la grande »!

Pour en revenir à moi, je n'ai pas été gâtée non plus avec la puberté: un duvet pileux assez dru s'est mise à pousser au dessus de mes lèvres ce qui me rendit repoussante et me donna le statut de femme à moustache, de Cheeta voire de Portugaise. Un jour, comme j'en avais marre qu'on se moque de moi, je l'ai rasé. Mon père et ma mère s'en étant rendu compte, ils m'ont engueulé parce qu'ils croyaient sincèrement que ces poils allaient partir tout seuls (!) et m'ont dit que maintenant, ils allaient devenir encore plus noirs. C'est donc à partir de ce jour que j'ai passé mes semaines à me décolorer ce duvet pour avoir une moustache blonde.
Comme si ça ne suffisait pas j'avais des dents tellement en pagaille que la mâchoire du devant était avancée, ce qui faisait ressortir même quand j'avais la bouche fermée deux jolis dents de lapin. C'est aussi vers cette même période, vers 9 ans environ que je me suis chopée des champignons. Je voyais mes ongles de pieds devenir blanc et je sentais l'eczéma au pied me démanger toutes les nuits, je m'en arrachais des bouts de peau et je cachais ce spectacle dans de grandes baskets puantes, ce qui n'a évidemment rien arrangé. Mes parents qui avaient ce même problème n'ont jamais rien fait pour cela, à part observer que cela devenait de pire en pire chaque année. Je les ai encore aujourd'hui mais je me suis tellement habitué à cacher mes ongles (avec du vernis blanc, avec des chaussures à bouts fermés...) que je n'y fais presque plus attention.
Mais ne soit pas dégoûté cher lecteur, cette année promis je vais consulter un médecin pour ce problème!

Revenons lorsque j'avais 9 ans: j'étais donc très moche, j'essayais de cacher tant bien que mal avec des vêtements ringards toute cette pilosité et mes mycoses et en plus comme j'étais timide que j'avais une attitude introvertie je baissais toujours la tête ce qui a provoqué par la suite une scoliose. Je fuyais le regard des gens, j'exposais ma faiblesse et je devenais le parfait souffre-douleur de l'école. Pour échapper à ma condition j'avais bien sur quelques amis comme Sandra ma voisine et d'autres enfants que je connaissais depuis la maternelle, mais comme ils me regardaient impuissants face aux insultes et aux coups que je subissais je me suis mise à me créer un monde imaginaire où je parlais aux arbres, où je possédais de super-pouvoirs (oui, je regardais trop Sailor Moon à la TV!) et que de toute façon, plus tard, je serais une chanteuse superstar internationale et je me vengerais de tout ces sales gosses!

Je me rappelle d'une maîtresse en CM1 assez sensible à mon cas qui s'appelait Madame V. C'était la première fois qu'une maîtresse s'intéressait à moi à un point tel que je la considérais comme mon amie. Je lui racontais ma vie à la maison disons de manière assez romanesque (je devais trop lire Victor Hugo à mon avis!) puisque que je souffrais d'être délaissée par mes parents. Apparemment j'avais de tels talents d'orateur qu'elle a cru que j'étais maltraitée par mon père ! Il y a eu un gros malentendu entre l'école et mes parents, et mon père m'en a beaucoup voulu...
Ce qui n'était pas le pire puisque quelques semaines plus tard j'ai fait une tentative de suicide dans la classe en tentant de...m'étrangler avec une corde! L'intention n'était pas de me supprimer (je pense que j'aurais eu du mal!) mais voir ce que ça faisait d'oser ça, et aussi j'avoue, pour tenter de me faire remarquer.

Mon père pensait que j'étais un cas désespéré puisque je me suis fait engueuler par lui et Madame V. a vraiment commencé à s'inquiéter sur mon état. J'aimais beaucoup cette femme, elle a failli m'envoyer chez le psy mais c'était la seule grande personne qui faisait attention à moi, j'avais la réputation d'être sa préférée parce que, évidemment j'étais une grosse tête d'ampoule dans le temps, mais elle m'encourageait à me défendre, à me cultiver, à poursuivre ma passion pour la musique. Cela doit être une des seules adultes en qui j'ai pu avoir totalement confiance.
Pour parler de cette histoire de suicide je le dis haut et fort: JE REGRETTE MON ACTE!
C'était stupide et égoïste de ma part de faire ça, ce qui était plus grave c'est que je n'en avais aucune raison apparente. J'ai abusé de mon rôle de victime juste pour faire compatir les autres mais c'est ce qui a fait penser au contraire que j'étais encore plus irrécupérable que je pouvais être.
Le suicide est une connerie vous m'entendez!Je m'adresse surtout aux jeunes maintenant: ne faîtes jamais ça même si c'est pour faire semblant car c'est encore plus grave moralement, il n'y a rien de plus égoïste que de faire ça, il faut arrêter avec ces mythes de stars suicidées en pleine gloire: elles sont connes!Pour moi c'est juste bon à faire culpabiliser les autres pour se valoriser, ce qui est en mon sens ignoble.
Vous allez dire que je fais la moralisatrice mais si je dis ça c'est parce que à 16 ans j'ai vu mon propre frère vouloir se planter un couteau dans la tête, juste pour quoi? Parce qu'il en avait marre! Je lui ai arraché ce couteau violemment, et je me suis mise aussitôt en colère. Il voulait se faire remarquer comme moi à son âge, et j'ai compris à quel point ce que j'avais fait était idiot.

En CM2, ma mère s'est enfin décidée à consulter pour moi un orthodontiste qui m'a fait porter nuit et jour à cette période des gouttières de boxeur pour rééquilibrer mes mâchoires, déjà que je n'étais pas très jolie, ce n'est pas avec ça que mon cas s'est arrangé !
Cette année scolaire m'a surtout marqué car j'ai encore eu des problèmes avec une maîtresse qui s'appelait Madame F.
Comme Madame V. était partie de l'école je me sentais à nouveau isolée. La vie imaginaire que je rêvais s'était tellement intensifiée que je me mettais carrément à faire du yoga en pleine cour de recrée! Madame F. était beaucoup moins compréhensive que Madame V., comme elle croyait que j'avais un grain elle s'est mise à scanner les dessins de gens tout nus que je faisais sur mon cahier de texte, et l'a rapporté à ma mère! Celle ci est devenue furax et elle a eu une violente altercation avec ma prof à l'école. Cette prof s'est mise à colporter la rumeur que j'étais victime de pédophilie alors que je dessinais juste des gens à poil parce que je lisais beaucoup la mythologie grecque! Ma réputation en avait encore pris un sacré coup, mais vu que c'était ma dernière année à l'école primaire, je ne m'en inquiétais plus trop.

Changement d'établissement, changement d'ambiance. Quand je suis arrivée au collège Henri Dunant, dit aussi « H-D Star », j'ai senti qu'il y avait beaucoup plus de violence que dans mon école.
On retrouvait les mêmes moqueries mesquines sur mon look, mon visage, les bagues aux dents, ma pilosité avancée sur les jambes mais l'isolement était beaucoup plus grave parce qu'apparaît le terme dégradant de « sans-amis »!
En fait je n'étais pas une associable au collège mais le problème c'est que aucune de mes copines ne mangeait à la cantine, alors le midi je tournais en rond et je devenais une proie facile. Le collège c'est là aussi où l'on trouve pour la première fois les toilettes défoncées, et c'est aussi là ou il faut éviter de se recevoir des boulettes de pain à la cantine...
Mes classes en sixième et cinquième étaient très cool niveau ambiance malgré quelques débordements. Seulement le problème c'est que je me faisais humilier quelques fois par ces pestes de Emma et Tamara (oui oui celles qui me tiraient les couettes en maternelle!).Emma la plus conne des deux en avait visiblement beaucoup contre moi depuis que je lui ai fait un doigt d'honneur dans un cour de danse à Netreville parce qu'elle se moquait méchamment de la pilosité de mes jambes (je l'avais pas revue depuis trois ans, rancunière la fille!) et le pire c'est que aujourd'hui encore elle me regarde avec mépris au lycée, cette blondasse! Bizarrement malgré ma timidité et mon manque de caractère j'étais plutôt rebelle! J'ai rencontré Priscilla en sixième, une fille qui devait avoir deux ans de plus que moi. Elle se moquait gentiment de moi et de mon statut d' « intello » mais elle m'aimait bien et moi aussi. C'est avec elle que j'ai appris à fumer, vu mes premiers films d'horreur, regardé des magazines pornos et appris tout le vocabulaire technique!
Cette fille était une cancre et on lui reprochait sa mauvaise influence sur moi mais elle avait bon fond .J'étais sa grosse suiveuse je n'avais pas de personnalité mais son caractère m'a par la suite beaucoup inspiré. En sixième j'ai encore fait une connerie: deux pestes de la classe amies elles aussi de Priscilla commençaient à me saouler car elles se moquaient de mon côté « creux ».Alors en fin d'année je leur ai envoyés une lettre anonyme à chacune où je les insultais de la pire façon qu'il soit. Elles ont su que c'était moi....en comparant mon écriture! Ca c'est encore terminé dans le bureau du directeur parce que l'un des parents a failli porter plainte. Ce que j'ai fait était très lâche mais c'était quand même l'expression d'un ras-le-bol d'être rabaissé. Eugenie et Abigaël ont été profondément blessés, et la plus rancunière d'entre elles, Abigaël ne me le pardonnera jamais, plus tard elle s'est même mise à rejoindre Emma dans le club-des-connes-rancunières-qui-veulent-me-défoncer.
Cet acte aussi je le regrette, si c'était à refaire, j'aurais juste frappé ces grandes gueules pour qu'elles se la ferment!

En cinquième j'ai été moins martyrisée au collège parce que sous l'influence de la série Malcolm sur M6, nous avions dans la classe notre propre bande d'intellos-rebelles! Avec moi, Nico, Cecile nous faisons chier les profs, et comme je traînais toujours un peu avec Priscilla j'étais un peu plus respectée. Cecile était une fille extra que j'estimais beaucoup car elle était aussi intelligente et folle que moi, on délirait bien et elle m'a aidé à développer mon amour pour l'écriture car elle avait de bonnes idées. Comme elle s'entendait bien avec Sandra et Safia, nous quatre traînions en bande comme de vraies copines et les meilleurs souvenirs que j'ai d'elles étaient quand nous avions fait les connes au concert annuel de chorale et surtout lorsque nous avions téléphonés à notre prof de français pour lui gueuler: « MOoOorning LIVE....!!! ».On n'avait pas d'influence, on était un petit groupe indépendant qui fonctionnait bien...dommage que je n'ai pas su le conserver quand j'ai changé de collège l'année suivante.

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# Posté le dimanche 25 février 2007 18:08

Modifié le lundi 05 octobre 2009 12:57

¢нαριтяє ιι: νιє ѕ¢σℓαιяє єт νιє ѕσ¢ιαℓє (¢єитяє-νιℓℓє)

Depuis la fin du CM2 ma mère voulait en fait me faire rentrer au collège Paul Bert qui se trouvait au centre-ville pour deux raisons. La première concernait la musique : comme j'étais depuis deux ans à l'École de Musique de la ville, ce collège proposait des classes à horaires aménagées, c'est à dire qu'il permettait aux jeunes musiciens du conservatoire de mieux concilier études et musique car les heures de solfège et d'instrument étaient incluses comme cours dans l'emploi du temps du collège. La deuxième raison était que ce collège était mieux réputé que Henri-Dunant et que pour ma mère, il était mieux de faire rentrer sa fille dans un collège de petits-bourges plutôt qu'elle étudie dans un collège placé en « quartier sensible ».
De ce point de vue là j'ai retardé du mieux que je pouvais mon entrée parce que élevée à la mentalité Netrevillienne, dans ma tête, Bourge est égal à : sale petit friqué qui se la pète!

Quand je suis arrivée en quatrième à Paul Bert, ce n'était pas un choc de culture que j'ai eu, j'étais rentrée dans une autre dimension! Pas un seul black ni un rebeu dans la cour, une classe qui ne faisait aucun chahut en cours, des profs à l'ancienne (une petite dédicace à ce cher Monsieur Godart!) et des prénoms de camarades tout droits sortis d'un roman de la Comtesse de Ségur (Pierre-Marie, Maxence, Marie-Charlotte, Jean-Sébastien ...).
Ils étaient soit hippies, soit skateurs et dans le pire des cas, des shales qui se fringuaient dans les boutiques de marques semblables à celles de la rue Etienne Marcel à Paris!
Com-Eight, Two-Hight, Roca Wear et Billal Wear devaient faire place à Kanabeach, Osiris, et Volcom.
Mes camarades eux, me dévisageaient et me regardaient comme une bête curieuse quand ils ont su que je venais de Netreville: « Haaan Netreville!!!C'est pas trop dangereux là bas??? ».
J'étais en 4emeF, l'une des classe les plus élitiste du collège, car allez savoir pourquoi, les élèves musiciens étaient les plus intelligents, les plus riches, et les plus...spéciaux!
Leur langage d'abord m'a retourné: à Paul Bert, il fallait s'y connaître en langage soutenu pour forger le respect: tu disais « condisciple »,« archaïque », ou « pléonasme » et on te regardait plein d'admiration...car je vais vous dire, ce qui fait la grande différence entre le collège bourge et le collège de cailleras, c'est que le statut d'intello est envié chez les bourges, et déprécié chez les racailles car on trouve justement que la « tête d'ampoule » à cette image de péteux lèche-cul des profs, voire de « grosse balance ».Si à Paul Bert faire de la lèche était un sport national, les intellectuels de ma classe s'autorisaient quelque fois à être des rebelles de la life en utilisant le verlan pour appeler ses condisciples (P-M pour Pierre-Marie, Line-Cé pour Celine, Phie-So pour Sophie...), ou alors ils détournaient du latin pour faire de nouvelles expressions plus stylées.
(« Je suis un DEUS! » signifiant : je suis un Dieu).Oui, c'était...spécial comme ambiance !

C'est à Paul-Bert que j'ai découvert pour la première fois l'ambiance compétitive que disputaient les intellos entre eux. Déjà, j'en étais exclue parce que je n'étais pas assez « entraînée » pour y participer (traduction : J'avais un niveau scolaire de ZEP!) mais aussi parce que je les trouvais tellement infects à jouer les modestes (« Han là là ce contrôle je l'ai trooop raté!! » par exemple voulait dire « je vais avoir 19/20! »), à jouer les ados modèles alors qu'ils n'étaient qu'en vérité de beaux faux-culs.
C'est dans ce milieu que j'ai compris ce qu'était l'hypocrisie, et à quel point ces gens étaient lâches, puants et pathétiques. Car au début à mon entrée, si j'étais plutôt bien accueillie (même si je me sentais à l'écart de leurs délires bizarres) j'ai vite compris que cette classe fonctionnait comme une association de malfaiteurs. Plus tu te montrais populaire, brillant et faussement modeste sur ton travail, moins tu recevais de critique derrières ton dos sur ta gueule, ton caractère, ta façon de t'habiller...J'ai dis moins tu recevais de critiques parce que personne n'était épargné: il y avait toujours les éternels jaloux des winners avec une conduite irréprochable, mais c'était surtout les personnages effacés comme moi qui étaient les plus touchés par ces médisances, et souvent avec des arguments gratuits parce qu'ils avaient du mal justement à reprocher quelque chose aux gens qui ne faisaient rien! Je me souviens avoir su que pas grand monde ne m'appréciait dans la classe à cause de mon visage: « on ne me sentait pas! ».C'est ça dîtes que j'étais moche pendant que vous y êtes! Vous aviez le droit j'avais de l'acné et une coupe de mec à cette époque!(Cela dit je n'avais plus mon appareil dentaire).

Dans cette ambiance perpétuelle de complot, j'essayais de m'en tenir le plus à l'écart et d'éviter la bande de musiciens au maximum parce que je ne pouvais pas rester éternellement avec des gens à qui on ne peut avoir aucune confiance, j'ai préféré m'allier avec des gens de la même condition sociale que moi, tels que Eileen, Marie-Charlotte et Emilie parce qu'on avait un peu prés la même mentalité. Je ne comprenais pas d'ailleurs, comment ils pouvaient rester tous unis, faire la bande d'amis soudés alors qu'ils passaient leur temps à se tirer dans les pattes.
Cela dit, ils restaient ensemble sûrement parce qu'ils avaient conscience de leur grosse influence sur la classe, voire sur le collège quand j'étais en 3ème. Ce groupe, c'était un peu une élite. Comme ils étaient des « artistes », ils faisaient semblant d'être vachement ouverts à tout mais puisqu'ils étaient issus d'un milieu bourgeois, cela restait un cercle fermé. Moi je surnommais ce groupe l'Intelligentsia parce qu'ils étaient des intellectuels, fils d'intellectuels (souvent des profs d'écoles privées) destinés à faire élever leur futur progéniture d'intellectuels dans le respect de la culturrrre!Vive les sorties aux théaââtrrre, les concerts de musique classique, de jazz ou alors de la world music pour le côté « Je suis super ouvert d'esprit », les galeries d'art, et pour les plus courageux, des débats littéraires et philosophiques.
L'intelligentsiade ma ville de province fascine non seulement par son savoir, mais aussi parce que beaucoup de parisiens s'y incrustent. De toute manière, les membres de l'Intelligentsia sont tellement riches qu'ils peuvent se permettre de voyager à Paris autant qu'ils le veulent.
Je sais que ma mère a toujours voulu que je rentre dans cette élite, elle qui a toujours insisté sur les bonnes manières, ma façon de se tenir, qui m'obligeait à abandonner la lecture des BD pour celle des romans...c'est elle qui m'a inscrite à l'école de Musique sans me donner mon avis, c'est elle aussi qui voulait enrichir ma culture en me traînant dans les musées, les théâtres...Elle a toujours voulu être une femme du monde mais elle a une vision trop fantasmée et déformée de ce milieu, elle voulait que je réussisse là où elle avait échoué. Ce n'est pas que j'en veux à ma mère de m'avoir fait atterrir là dedans parce qu'il faut dire que cela m'a beaucoup servi, mais elle m'a quand même poussée à suivre cette bande de guignols provinciaux qui se prenaient pour des bobos parisiens.

En plus si il n'y avait que ça...en 3ème j'ai recommencé à être une victime à cause d'une sale bande de pétasse composé de Fouchtra, Sylvie et Edwina. Qu'est-ce que j'avais fais encore?!Bah... rien!
Elles me sont tombées dessus comme ça, au mauvais endroit, au mauvais moment, c'est à dire dans les toilettes quand elles fumaient en cachette leurs clopes. Parce que j'appartenais à une classe que toute les (fausses) racailles du collège détestaient, parce que je commençais paraît-il à avoir la même attitude de petite péteuse, et parce qu'elle ont vu rapidement que j'étais facilement impressionnable. Fouchtra était la grosse meneuse, c'était la fille que tout le monde craignait parce qu'elle se battait comme un bonhomme. Toujours est-il que je ne sais plus comment je me suis retrouvée à me faire racketter des clopes par elles (parce que ça faisait au moins deux ans que je ne fumais plus!), puis ensuite par tous les fumeurs du collège venant en bande pour faire pression sur moi. Cela avait duré quatre mois. Quatre mois durant lesquels je devais donner au moins dix cigarettes par jour, soit je les payais de ma poche, soit j'en piquais à ma mère. J'essayais d'esquiver au maximum Fouchtra et ses sbires, ainsi que les autres bandes. Je n'avais plus de vie sociale, je me montrais peu, j'essayais de manger le moins possible à la cantine parce que c'était à ce moment là que j'étais la plus repérable. Même hors du collège, j'étais dans un état de peur permanente: peur que l'on s'avance vers moi, peur que l'on me menace, peur que l'on m'humilie devant les autres lorsque l'on me disait: « T'as intérêt à les avoir demain, pétasse! ».J'ai caché mes larmes au plus profond de moi, ceux de ma classe me donnaient du soutien « passif » pour faire bonne impression devant les profs et la directrice (« Mais il faut leur dire non Rénata! T'es en train de te ruiner là! ») mais en vérité ils n'en avaient rien à foutre de mon sort. Alors, pour garder le peu de dignité qu'il me restait, je masquais ma peine sous un sourire forcé et faisait semblant de sympathiser avec l'ennemi quand il réclamait ardemment son dû. Quand Fouchtra s'est fait virer du collège parce qu'elle avait roué de coups une fille qui s'était mise à me défendre je pensais que c'était la fin du calvaire. Tu parles! Tout d'abord, les gens à Paul Bert, et même ceux de ma classe se sont mis à transformer Fouchtra en victime (« Elle a une vie difficile la pauvre... ») et puis Edwina et Sylvie n'avaient pas lâché l'affaire, ainsi que les autres groupes, trop contents de pouvoir s'offrir des clopes gratuites.
Le destin a voulu que quelque semaines après son renvoi Fouchtra retrouve où est-ce que j'habitais, et là, craquage total: à deux reprises elle s'est mise à gueuler avec Edwina chez moi à minuit!
Là, c'en était trop. J'ai du tout expliquer à ma mère, ma s½ur et mon père. C'est lui qui a été le plus en colère parce qu'il ne comprenait pas pourquoi je lui avais caché. Il m'a même dit que c'était bien fait pour ma gueule! Comme d'habitude, ma mère m'a juste dit qu'elle me comprenait sans faire quelque chose pour que cela change. Mon père, comme d'habitude s'en est chargé à sa place en jouant son rôle de Barracuda, et s'est donc mis à flanquer la frousse à Edwina et Fouchtra en venant les voir et les engueuler. J'ai reçu leurs plates excuses mais elles ne m'ont pas demandé pardon pour autant. Les rares fois où je les ai encore revues elles me lançaient plutôt des gros regards de haine! D'ailleurs, en début de mon année de seconde elles se sont mise à me tagguer mon portail au feutre à coup de « Rénata grosse pute! Tu te crois trop belle! T'es un sale thon! Tu trouveras jamais de mec etc. »Les inscriptions se sont effacées avec la pluie.

Cette histoire de racket s'est terminée à la fin du brevet. J'avais tellement la haine de m'être rabaissé à ce point que j'ai décidé qu'il fallait que plus jamais on voie que j'étais faible. A la rentrée du lycée je suis devenue complètement froide, je rembarrais tous les cons à la recherche de clopes qui me reconnaissaient parce qu'ils n'étaient plus nombreux. Je recroisais Sylvie ou Edwina mais je n'avais plus peur d'elles .J'ai coupé les ponts volontairement avec tout ceux que je connaissais de Paul Bert sauf Eileen, Jean-Sébastien, Emilie et Marie-Charlotte.

L'arrivée au lycée général fut un grand changement dans ma perception du système scolaire, parce que la loi du plus fort n'existait (presque) plus. Comme on remarque que les terreurs du collège se dirigent plutôt vers les BEP, l'ambiance des classes générales sent nettement moins la jungle...il existait encore un esprit de compétition et d'hypocrisie dans ma classe de seconde, mais je me souviens avoir bien rigolé toute l'année parce que tout le monde se lâchait.
C'est pendant cette année que j'ai commencée à m'améliorer socialement parlant, et physiquement mon visage avait repris forme humaine.
Au lycée j'ai retrouvé tous les anciens de Netreville mais il y avait comme un gouffre.
Je ne sais pas s'ils étaient au courant de mon histoire mais je me suis sentie étrangement seule d'un coup. C'est vrai que je n'avais plus de temps de prendre de leurs nouvelles, de traîner dans le quartier mais c'était comme si ils ne me connaissaient plus. Pire, je me suis sentie trahie par Cecile et Sandra qui ont changé de fusil d'épaule car elles sont devenues amies avec mes ennemies les plus coriaces: Emma et Tamara! Comme je le disais précédemment dans la partie sur Netreville, Emma a formé une espèce de club où sont rassemblées toutes les filles qui me détestent, notamment avec Abigaël. En début de seconde, ces deux connes me sont tombés dessus par hasard (au mauvais endroit, au mauvais moment!) et Emma m'a fait quasiment la morale sur ce que j'avais fait à Abigaël, et elle m'a clairement comprendre qu'elles chercheraient à se venger. Pfff c'est dingue qu'on puisse être à ce point rancunier! J'avais 12 ans quand j'ai envoyé les lettres d'insultes (c'était même pas des menaces!), et Emma elle, qu'est-ce que je lui ai fait de vraiment offensant dans toute sa vie? Un doigt d'honneur quand j'avais 9 ans! Je n'ai jamais vu des filles aussi puériles! En plus elles croyaient encore me faire peur avec leur gabarit de naines maigrichônnes! Elles n'ouvraient leur gueules que quand elles étaient en bande, à cette âge ça en devenait pathétique.
Bref, pendant un an Emma (l'histoire d'Abigaël n'était qu'un prétexte en fait) a cru qu'elle allait me foutre les chocottes en me faisant le coup du regard méprisant à la Fouchtra à chaque fois que je la croisais au bahut, elle voulait aussi me mettre un coup de pression en squattant quotidiennement devant la maison de ma voisine Sandra , ça lui est arrivé aussi de m'insulter à la manière de Fouchtra (« T'es moche! Tu te crois trop belle alors que t'as pas de mec etc. »), sauf que moi, ayant vécu tout cela l'année dernière, j'étais blindée contre ses attaques, elles ne me touchaient plus. L'envie de lui péter sa gueule de blonde une bonne fois pour toute m'a beaucoup démangé je l'admets mais il me restait encore cette attitude passive que j'avais du mal à m'en débarrasser.
C'est comme si j'avais pris l'habitude me laisser faire, et me dire que ça leur passerait un jour ou l'autre. Cette faiblesse de caractère je l'ai perdu définitivement quand je me suis battue avec ma mère, en été avant la rentrée en première L (voir Chapitre I), j'avais pris conscience que j'avais de la force, et que si j'avais réussi à « tuer la mère », je pouvais me battre contre n'importe qui.

Depuis deux ans ma timidité et mon caractère introvertie ne me posent plus de problèmes graves, et depuis que j'ai choisi la filière littéraire au lycée, je suis enfin à ma place, je ne suis ni exclu pour la bonne raison que dans la classe où je suis depuis deux ans il n'y a que des rejetés de la vie!
Ah ah ah nan je rigole! C'est parce que je connais tellement de gens qui se moquent des L...
Mais sérieusement je n'ai jamais connu une classe aussi solidaire et soudée, bon il y a quelques fois des clash mais ce qui fait la force de cette classe c'est qu'elle ne fonctionne pas en clans, l'esprit de compétition est moins fort parce qu'on est une classe d'art.
Et ouais il m'a fallu attendre la première et la terminale pour apprendre à aimer l'école! Bon ça ne veut pas dire que je si je ratais mon bac, je serais heureuse de redoubler bien sur!


oO°Oo En tout cas une chose est sûre aujourd'hui, la solitude ne me fait plus peur, ainsi que le regard des autres oO°Oo

# Posté le mardi 27 février 2007 14:21

Modifié le lundi 05 octobre 2009 13:36